Avoir et être. Désirs et besoins

L’être humain est un être de parole et de relation. Sans parole et sans relation un être humain ne peut pas se développer. Encore faut-il, pour le développement, que deux conditions soient réunies: la qualité disponible de la parole et de la relation, et la faculté de digérer et d’assimiler les apports.

AVOIR ET ETRE

Chacun d’entre nous doit recevoir une quantité et qualité de nourritures suffisantes pour grandir, devenir adulte. Les nourritures nécessaires sont autant psychologiques et spirituelles que physiques.

Nous vivons longtemps, sans nous en rendre compte, avec cette équation de référence à l’arrière-plan : J’AI = JE SUIS. Nous mettons sur le même plan être et avoir. Car les avoirs nous donnent une identité. C’est d’abord notre nom qui nous caractérise, que nous avons reçu de nos parents, de la Société. Ensuite ce sont tous les ancrages dans la vie courante qui jouent ce rôle avec nos succès, nos réussites.

Et il est indispensable pour notre construction personnelle, pour la construction du « moi », que nus recevions un minimum de biens matériels et que nous connaissions un minimum de réussite à l’Ecole ou dans divers lieux d’apprentissage.

L’équation « J’AI = JE SUIS » sous-entend que « + J’AI = + JE SUIS », et réciproquement « – J’AI = – JE SUIS ». Et aussi longtemps que l’équivalence entre avoir et être est maintenue, nous sommes subordonnés par nos avoirs, dépendant complètement d’eux. Ce qui fait que la course aux avoirs peut se poursuivre excessivement, voire sans frein et sans limite. Notre bonheur dépend de nos avoirs. Il nous faut « toujours plus » et ce n’est « jamais assez ». C’est pour cette raison qu’il y a maintenant sur la planète une crise sociale et une crise environnementale qui d’ailleurs ne font qu’une.

Des qu’une personne non éduquée, restée sous l’emprise de ses conditionnements limitatifs, accède à une position de pouvoir elle s’empresse de la verrouiller et de la « défendre ». La pensée que la richesse, les avoirs, les biens matériels, sont en quantité limitée, qu’il n’y en a pas pour tout le monde et que les premiers arrivés et les plus forts seront seuls servis, engendre un climat de peur, d’insécurité, et de compétition, qui finalement est complètement contre-productif.

Il s’agit donc de sortir de ce mécanisme contre-productif, de ce dysfonctionnement , pour le bien de tout le monde, nous en premier et l’ensemble de l’humanité, et le bien de la Terre. Il est possible de nous sentir exister indépendamment de nos avoirs. C’est difficile mais possible  d’accéder à un bonheur intrinsèque qui ne relève pas des avoirs, à l’aide d’une démarche appropriée.

Les avoirs sont des auxiliaires de l’être. Ils ne peuvent se substituer à l’être. Les avoirs ne s’opposent pas à l’être, pas plus que les nuages ne s’opposent au ciel bleu. Ils sont une manifestation, une émanation de l’être, comme les nuages qui apparaissent, évoluent et disparaissent dans la ciel bleu. Le ciel bleu est toujours présent à l’arrière-plan des nuages, plus ou moins visible, plus ou moins caché. De même l’être est toujours présent à l’arrière-plan des avoirs, même s’il n’est pas visible.

La vocation intrinsèque des êtres humains est de passer par les avoirs et d’arriver à l’être, ou d’y retourner. C’est un Chemin, une Voie, à parcourir. Un Chemin psychologique et spirituel, qui amène à sortir de la confusion infantile entre les avoirs et l’être. Parler des avoirs et de l’être en termes de Chemin est une autre façon de parler de la Chute (dans les avoirs, dans la matière) et de la Rédemption (le retour à l’être, le retour du Fils prodigue).

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LES DESIRS ET LES BESOINS

Il est couramment admis que l’être humain est non seulement un être de parole et de relation mais aussi un être de désir. Mais que signifie ce mot ?  Il faut bien nous entendre sur le mot désir, car il en existe deux autres en Français du même registre: envie et besoins.

Désir peut signifier, élan vital, ambition, souhait, volonté, attirance, tendance, passion, aspiration, convoitise, mais aussi besoin et envie, suivant le contexte dans lequel il est employé.

L’être humain est engagé dans un processus de satisfaction de ses désirs. Mais est ce toujours possible ? A l’évidence non quand le désir relève d’une mission impossible, d’un enjeu irréaliste. A l’évidence oui quand le désir relève d’une mission possible, d’un enjeu réaliste. Par convention nous appellerons désir les aspirations irréalisables d’un être humain, celles qui relèvent d’une demande d’absolu alors que nous vivons dans un monde relatif. Le désir est irréalisable quand il exprime une recherche d’absolu dans le monde relatif de la vie terrestre. Le désir est réalisable quand il exprime une aspiration, un besoin, qui peut être atteint, satisfait dans la vie courante.

L’échelle (ou pyramide) des besoins, d’Abraham Maslow

La pyramide des besoins est une théorie de la motivation élaborée à partir des observations réalisées par le psychologue américain Abraham Maslow. L’article où Maslow expose pour la première fois sa théorie, A Theory of Human Motivation, parait en 1943.

C’est en 1970, dans la deuxième édition de son ouvrage Motivation and Personality, qu’apparaît l’exposé le plus complet de sa théorie de la motivation : la hiérarchie des besoins. Recherchant ce qui se cache derrière les motivations des êtres humains, Maslow met au jour cinq groupes de besoins fondamentaux : les besoins physiologiques, les besoins de sécurité, les besoins d’appartenance et d’amour, les besoins d’estime, et le besoin d’accomplissement de soi. Cette taxinomie des besoins est, selon Maslow, universelle. Derrière chaque motivation ou chaque objet de désir se cache un besoin fondamental.

Les cinq groupes de besoins peuvent se ramener à trois domaines d’intérêts et d’activités humains: biologie, psychologie, et métaphysique ou spiritualité. Ces trois domaines forment le support du mot métapsychobiologie.

Maslow découvrit par la suite que les besoins s’inscrivaient dans le cadre d’une hiérarchie. Tous les besoins sont continuellement présents, mais certains se font plus sentir que d’autres à un moment donné. Par exemple, une personne démunie de tout est capable de mettre en péril sa vie pour se nourrir : dans ce cas, on observe que les besoins physiologiques ont plus d’importance que les besoins de sécurité.  Autre exemple : le bizutage où les besoins d’estime ne se font pas sentir avant que les besoins d’appartenance ne soient relativement satisfaits. En conclusion, lorsqu’un groupe de besoins est satisfait un autre va progressivement prendre la place selon l’ordre hiérarchique suivant : besoins physiologiques > besoins de sécurité > besoins d’appartenance et d’amour > besoins d’estime > besoin d’accomplissement de soi.

La représentation de la hiérarchie des besoins sous la forme d’une pyramide a généré bon nombre de malentendus et, par là même, des critiques infondées. Notamment cette représentation a véhiculé l’idée selon laquelle un besoin doit être satisfait à 100 % avant que le besoin suivant émerge.

 Maslow nuançait cette apparente fixité à deux égards. Il notait d’abord une progressivité dans le passage d’un échelon à un autre « comme si le citoyen moyen était satisfait à 85 % dans ses besoins physiologiques, à 70 % dans ses besoins de sécurité, à 50 % dans ses besoins d’amour, à 40 % dans ses besoins d’estime, et à 10 % dans ses besoins de réalisations. »1

Il remarquait ensuite une seconde progressivité dans l’apparition de l’échelon suivant : « Comme pour le concept d’émergence d’un nouveau besoin après satisfaction d’un besoin primaire, l’émergence n’est pas un phénomène soudain mais plutôt une émergence lente et graduelle. Par exemple, si le besoin primaire A est seulement satisfait à 10 %, alors le besoin B ne sera pas visible du tout. Pourtant, si le besoin A est satisfait à 25 %, le besoin B peut apparaître à 5 %, si le besoin A est satisfait à 75 % le besoin B peut apparaître complètement; et ainsi de suite.

Ces deux nuances oubliées avec le temps accordent davantage de flexibilité à la théorie et permettent d’y intégrer certaines différences individuelles.

Psychopathologie

Maslow a mis en lumière l’importance de la satisfaction des besoins. En effet, l’insatisfaction répétée ou à long terme génère une pathologie. Dépression, suicide, folie, violence, ont leur origine dans une carence de satisfaction de besoins.

Succès du modèle

La théorie de Maslow a connu un succès international considérable. Elle connait de nombreux champs d’application avec plus ou moins de respect de la personne. Autant dans le domaine de la santé, par exemple, le modèle sert heureusement de support à la formation des personnels soignants (médecins infirmier(e)s, aides-soignants, psychologues, travailleurs sociaux, …), autant dans le domaine du management ou du marketing quelques dérives dans le sens de la manipulation des personnes cibles sont à déplorer.